Ariane. Los lazos rotos.

Ce qui a attiré mon attention sur le personnage d’Ariane est le fait qu’elle a un rôle passif dans la fin de son histoire, même si elle semble être une femme rebelle et intelligente au début.

Si vous n’êtes pas familier où vous vous ne souviens pas son mythe, voici son histoire. Ariane était la princesse et la gardienne du labyrinthe de Crète, celui qui captivait la figure chimérique du Minotaure, une bête avec le corps d’un être humain et la tête d’un taureau. Ariane aide Thésée à tuer le Minotaure et à trouver sa voie en toute sécurité hors du labyrinthe, en lui donnant une épée et un fil, tout contre la promesse de l’épouser.

 

Pour Ariane, Thésée fut l’amour à première vue. Un amour si fort, qu’elle a défié son père, le roi. Les femmes, étaient supposées de faire des choses comme ça à cette époque-là. L’histoire raconte qu’ils s’enfuient, mais Thésée lui abandonne sur l’île de Naxos pendant qu’elle dort.

Beaucoup a été dit au sujet de ce qui s’est passé ensuite et en général il ne se termine pas bien pour Ariane. Pour Thésée, bon, il est un héros et qui se souvient de la façon dont il traite les femmes. Si Ariane avait été un homme, elle aurait été un héros aussi. Thésée serait redevable de sa vie à elle et sans doute une amitié éternelle aurait été forgée. Mais Ariane n’a pas eu ce luxe, le luxe d’être considéré comme une personne ou égale aux autres héros.

Je voulais entendre sa voix et lui donner l’occasion de raconter sa propre histoire, d’exprimer les sentiments mitigés d’être trahi par celui que vous aimez: le désespoir, la tristesse, la colère, de tel sorte qu’elle pouvait après laisser la place au soulagement et à sa nouvelle vie. Parce qu’un homme qui trahit une femme comme ça ne pouvait pas la mériter. Un homme comme ça, n’est pas un héros.

Ariane est décrit comme absolument pure, mais je veux comprendre sa complexité et de la complexité des relations humaines ainsi. C’est l’histoire derrière ‘Ariane. Los lazos rotos (les liens brisés). Ariane et son fil adornera éternellement nos ciels.

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L’art doit-il être difficile?

Par Christelle Proulx

Le 9 décembre dernier, dans le journal The Guardian, un article présentait la déclaration de l’artiste Anselm Kiefer : « Art is difficult, it’s not entertainment. »[1] Cette phrase est frappante et demande à réfléchir sur l’art et sa réception, surtout dans le cas de l’art contemporain puisqu’il a souvent la réputation d’être inaccessible au grand public.

Anselm Kiefer est sans nul doute un grand artiste. Il est même l’un des artistes qui m’a poussé à poursuivre des études supérieures en histoire de l’art après son exposition solo au Musée d’art contemporain de Montréal. « Ciel et Terre » en 2006 était une exposition très riche en interprétations, je me souviens même avoir trouvé que les explications de la guide étaient un peu tirées par les cheveux. La présence de l’une de ses œuvres dans la collection permanente du Musée du Louvre est certainement la principale marque de la légitimation de son œuvre dans le monde de l’art. C’est probablement aussi pourquoi cette affirmation catégorique est délicate, puisqu’elle vient de la bouche d’un artiste qui a une très grande influence.

J’ai un peu l’impression d’entendre les vieilles croyances élitistes de Clement Greenberg dans son grand classique « Avant-Garde and Kitsch »[2] où il positionne le divertissement du même côté que le kitsch, la pauvreté et le manque d’éducation, par opposition à l’art vrai, l’art d’avant-garde, difficile et fait pour des gens riches et éduqués.[3]

L’art ne peut pas se placer en opposition au divertissement. Il a chevauchement entre les deux notions, et la part de l’un ou de l’autre semble souvent difficile à tracer. En réalité, je ne crois pas en ce genre d’oppositions fermes; je préfère voir l’art comme un concept en forme de « constellations », avec des contradictions qui se côtoient et se chevauchent, se complètent et se défient. Pourtant, si l’art doit être « difficile » c’est probablement afin de le rendre réellement efficace dans son apport à de nouvelles réflexions sur l’art et la vie, mais si seules quelques personnes ont accès à ces réflexions parce que l’art est trop hermétique, il n’apparait que comme un divertissement intellectuel qui demande plus de temps, mais qui n’a pas plus d’impact sur la vie puisqu’il ne touche pas le public.

L’œuvre doit aider le public à comprendre ce qu’elle veut lui dire. Sans lui rendre la vie facile, elle doit poser les pistes des réflexions qu’elle propose. Il me semble aussi que l’art doive être « difficile », puisque sa pertinence réside dans sa capacité à nous faire réfléchir. L’art doit demander au spectateur d’être actif dans son interprétation plutôt que passif.

La valeur artistique n’est pas intrinsèque à l’œuvre, elle est produite par tout un système qui comprend des gens aux visions et aux valeurs très différentes. Des historiens, des critiques, des artistes, des musées, des collectionneurs, des amateurs, etc. Il n’y a pas un art, il y a les arts.

Je crois très fermement que l’art doit comporter une part de complexité, quoiqu’elle puisse être moindre sans pourtant lui enlever son statut d’art, sans qu’elle devienne de l’ « anti-art » comme Kiefer le soutient. Les formules faciles qui accrochent visuellement sans pourtant ouvrir la porte à plus, que ce soit par la provocation gratuite ou l’esthétisme vide, font pourtant partie de l’art. L’art, n’en déplaise aux puristes, n’est pas et ne peut pas être « pur ».

Si l’art était si facile, la réflexion sur l’art n’aurait pas lieu d’être. Alors oui, en ce sens, il doit demander un certain effort. C’est l’œuvre qui doit être difficile en elle-même? Je ne crois pas. La pratique artistique? Peut-être, oui. Je crois qu’elle demande un travail de recherche soutenu. L’interprétation de l’art en général et des œuvres plus spécifiquement? Ça me semble être plutôt ça. Elle doit demander un effort de réflexion au spectateur.

Si l’art – tout l’art – est trop hermétique et que ça prend des années de réflexions pour en tirer un peu de signification, il n’y a qu’une poignée d’historien de l’art pour qui l’art serait important. Plutôt restreint comme option. L’art, à mon sens, doit être multi couches. La valeur artistique me semble résider dans la multiplicité et les profondeurs possibles des interprétations, ce qu’on appelle la polysémie. L’art accessible et l’art hermétique ont leur place, mais je suis pour la plus grande accessibilité possible, sans pourtant tomber dans la facilité vide de tout sens critique. Rendre accessible le sens critique de l’art me semble un bel objectif.



[2] Paru en 1939 dans le Partisan Review.

[3] Un peu comme le fait Kiefer, Greenberg opposait aussi l’art « vrai » à l’objet de consommation. Il est vrai que le marché économique peut pervertir la conception de l’art, comme lorsque Kiefer soutient que « buying art is not understanding art ». Cette question demanderait une plus grande réflexion que je n’aborderai pas ici maintenant, mais il est important de la garder en tête.

 



 

Ophélie, mon amour

Je me souviens bien quand est-que ma fascination pour la peinture préraphaélite a commencé. En 1997, j’ai rendu visite à mon frère qui vivait à Mexico. Dans sa chambre, il avait une reproduction de Hylas et les nymphes par le peintre JW Waterhouse. A partir de ce moment, l’art de cette période a été une référence constante dans mon travail, dans la construction des personnages et même dans la façon dont je conçois le maquillage.

Le caractère d’Ophélie est récurrente et essentielle dans la narrative de la peinture victorienne qui, généralement tiré ses références de la littérature anglaise, la mythologie arthurienne et la mythologie grecque ainsi. Ophélie est à l’origine un personnage de la pièce de théâtre Hamlet de William Shakespeare. Peut-être la représentation la plus connue de son est celui de J. E. Millais, la représentant déjà morte dans une rivière avec ses mains en l’air.

Ophélie, comme beaucoup des autres personnages féminins dans le contexte de l’histoire et la littérature, elle est condamnée à être une victime de sa propre fragilité, sa beauté et son innocence. Comme il est bien connu, Ophélie se suicide en se noyant, elle devienne folle après avoir appris que Hamlet, son amour, a assassiné son père, et il feint être fou et rejette sa relation.

Un des aspects les plus fascinants de l’art victorien, c’est qu’il concentre les paradigmes négatifs qui limitent la construction de nouvelles identités féminines, même, dans une certaine mesure, dans la société contemporaine. Dans le cas d’Ophélie, imaginée dans la fleur de son adolescence représente la transition entre une jeune fille vierge et une femme folle. Une transition qui à l’époque victorienne semblait naturel, lorsque les femmes étaient corrompues par l’éveil du désir sexuel.

Pour la société victorienne, métaphoriquement parlant, la mort était une juste punition pour ce genre de perversion, et il pourrait aussi être un sacrifice juste pour empêcher la perte de l’innocence et la pureté. Les principes moraux de l’époque, et même la science (confirmé par la théorie darwinienne), considéraient les femmes comme des êtres asexués presque, complètement désintéressé dans les plaisirs charnels. Ces idées sont directement corrélées avec les taux élevés de prostitution dans XIX siècle en Angleterre, et avec la création de l’hystérie comme diagnostic de la frustration sexuelle chez la femme (car il n’était pas naturel pour une femme de se sentir de tels désirs).

Les images créées par les artistes victoriennes contiennent une partie du symbolisme le plus intéressant de l’époque. Les fleurs pourraient représenter l’éveil sexuel, le rouge représentait la passion, le danger et la mort et l’eau était considérée comme un élément transformateur et  féminin. La femme représentée dans leur travail semblait exempte de la répression sociale, mais celle-ci semblait réapparaitre souvent dans la narrative des oeuvres.

Ophélie est sans doute l’un de mes personnages préférés pour sa dichotomie abyssale entre la beauté de ses représentations et de l’obscurité des principes moraux et de l’oppression des femmes qu’elle personnifie.

 

Images:

1) Water lily (Ophélie). Mannequin:  Liliana Alarcon. 2005.

2) Que si muero sea de amor. Mannequin: I. Franco. 2005

3-4) Ophélie. La paradoxe de sa propre réflexion. Mannequin: Merryn Kritzinger, 2010.

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Annie Leibovitz AT WORK

Annie Leibovitz est sans aucun doute une artiste qui a façonné notre façon de voir le monde à travers des images. Son portfolio est rempli d’images iconiques qui resteront gravées dans notre mémoire et dans l’Histoire.

At Work est un livre où elle raconte son histoire et écrit des anecdotes sur la façon dont elle a construit  ses images, y compris quelques-unes des caractéristiques techniques.

“Même s’il est vrai que l’art de la photographie repose sur savoir comment utiliser l’appareil photo au meilleur de sa capacité, il est également vrai que ne pas savoir ce qu’on fait est seulement une condition temporaire et pas nécessairement paralysante. On apprend lorsque qu’on travail et on peut certainement demander des conseils.” Annie Leibovitz

http://www.amazon.ca/Annie-Leibovitz-at-Work/dp/0375505105

Exposition du photographe Guillaume Simoneau à la place des Arts

(dés le 29 Mars, à partir de 18:00 hrs. à la Places des Arts, 1600 St-Urbain)

Guillaume Simoneau semble soumettre la lumière naturelle à sa volonté. Dans ce sens, il donne la lumière aux sujets qu’il nous permet de découvrir, soit un objet hors du commun ou un personnage touchant. Guillaume a le don de savoir révéler le caractère humain de ses sujets.

La caractéristique des images à Guillaume que j’aime le plus est que l’action semble se dérouler dans la tête des personnages. On les observe lorsqu’ils réfléchissent et sentent des émotions. Les sujets semblent être enfermés dans leur monde tandis qu’ils sont en train de se démêler à l’intérieur.

Avec une grande versatilité au niveau des sujets, c’est son traitement des sujets sociaux et sa sensibilité qui est le plus touchant et mémorable dans ses images.

Voici ses commentaires au sujet de son travail et de son nouvel expo:

Sur son style:

Post-documentaire avec un penchant pour la substance.

Note: post-documentaire fait référence à la photographie contemporaine qui document les faits de la vie réelle.

Sur l’expo:

Pour l’expo ARTVstudio je présente des oeuvres prises à la chambre, à mi-chemin entre mon travail commercial et mon travail personnel.

Sur sa passion pour la photo:

La photographie est arrivée dans ma vie grâce à un accident dans un couloir de Cégep, j’étudiais en sciences pures à l’époque.

Ce qui me passionne le plus en photographie c’est le potentiel narratif, linéaire ou non-linéaire, d’un groupe d’images; utiliser la photographie comme outil de communication, de dialogue et d’argumentation au sens propre du terme.

http://www.7578.com/guillaume/

Exposition du photographe Jocelyn Michel à la Place des Arts

(dés le 29 Mars, à partir de 18:00 hrs. à la Places des Arts, 1600 St-Urbain)

Jocelyn Michel est un photographe au regard perçant. Il a sa façon d’approcher ses sujets afin d’y découvrir leur âme. Quand je vois ses images, il semble que toute trace de prétention disparait, et seule la nature réelle du sujet demeure.

Même ses complexes mises-en-scène ont une intention de trouver un sens profond tout en gardant beauté et simplicité.

Tous les éléments semblent s’harmoniser parfaitement avec une technique d’éclairage parfaite, une direction de modèle étonnante et un esprit ludique envers la photographie.

Voici ses commentaires au sujet de son travail et de son nouvel expo:

Sur son style:

J’ai toujours aimé inventer l’image avec folie, sarcasme, et humour noir avec 3 bâtons de dynamite.

Sur l’expo:

Je présente des mises en scène du projet “Admission”, projet débuté depuis 2005 avec la généreuse participation de plus de 50 comédien(ne)s du cinéma Québécois.

Sur sa passion pour la photo:

J’adore le processus de laisser mon imagination partir à la dérive sans aucune contrainte pour ensuite faire un ménage de l’information avec le côté gauche de mon cerveau afin d’atteindre un résultat autant absurde que tangible.

http://www.7578.com/jocelyn/

Découvrez le talentueux Kevin Beverly, artiste de cirque!

Kevin Berverley est un artiste de cirque avec coeur de danseur. Un artiste de la relève dont son plus grand talent c’est nous faire oublier la technique requise pour ses solos au trapèze en donnant un performance très touchante.
J’étais ému lors de notre collaboration au studio.

Je vous invite à découvrir son nouveau site avec quelques vidéos géniales!

Allez ici pour les voir.

The credits of The Girl with the Dragon Tattoo

I would like to share with you the work of Onur Sentruk, who did the credits for The Girl with the Dragon Tattoo. He has an amazing aesthetic worth while discovering.

Onur Sentruk: “July 2011 Blur studio invited me to design opening titles for The Girl with the Dragon Tattoo.
I started illustrating Tim Miller written, David Fincher approved vignettes. Later on moved to typography, opening logo reveal. Collaborative process took almost three months to complete”

Discover his work here.